Guide de la cellule phono II

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La section de la pointe de lecture

La tige du stylet est la pièce qui relie la pointe de lecture au cantilever ; sa forme à l’endroit de sa fixation sur le cantilever peut être ronde ou carrée.

Section ronde
Pour les pointes de lecture dont la taille ne nécessite pas une orientation précise (pointes sphériques/coniques) ainsi que pour la majorité des pointes elliptiques, les fabricants recourent généralement à des pointes de section ronde. Elle est utilisée pour les cellules d’entrée de gamme.

Section carrée
Les pointes en diamant intégral de section carrée sont insérées dans le levier porte-pointe dans un trou de section carrée découpé au laser. Cette technique permet d’obtenir un alignement extrêmement précis de la pointe de lecture avec le sillon du disque. La précision de la lecture en est considérablement augmentée. Les fabricants ont recours à la section carrée de manière systématique pour les pointes dont la taille nécessite une orientation très précise (pointes Contact et Micro Linear). Les diamants de section carrée (Square Shank en anglais) sont plus onéreux à fabriquer que ceux de section circulaire, ce qui se répercute sur le prix de la cellule.

Le type de pointe ou “diamant” (stylet)

La pointe de lecture de la cellule, appelée familièrement “diamant”, est la partie directement au contact du microsillon du disque. Afin de pouvoir entendre le plus de détails possible sur un disque vinyle, il faut que le diamant de la cellule soit taillé de manière à se rapprocher au maximum de la forme et de la finesse du diamant qui a gravé le master d’origine. De sa forme dépend la précision de la lecture des micro-informations contenues le long de chacune des deux parois (canal gauche et canal droit) du microsillon du disque. Plus la surface de contact entre le diamant et le microsillon est grande, plus la cellule pourra lire ces micro-informations et donc les convertir en son avec une grande précision.
Il y a plusieurs types de stylet dont les plus répandus sont : les pointes sphériques/coniques, les pointes elliptiques, les pointes Contact et les pointes Micro Linear.

Pointe sphérique/conique
C’est le type de pointe le plus économique et généralement le plus utilisé pour les cellule d’entrée de gamme. Sa forme conique et sa section sphérique assurent un placement naturel au centre du sillon. La lecture n’est ni particulièrement précise, ni très détaillée, notamment sur les hautes fréquences (les plus infimes oscillation du sillon). La pointe sphérique/conique est celle qui offre la plus faible surface de contact avec le sillon, répartie de manière égale à l’horizontale et à la verticale. Cette pointe de lecture est bien adaptée aux platines dont le bras de lecture n’offre pas de possibilité de réglage de l’angle d’attaque de la cellule.

Pointe elliptique
ElliptiqueLa pointe elliptique possède un rayon avant plus important que son rayon latéral (sa face avant est large, sa face latérale étroite). La surface de contact horizontale est plus faible et la surface de contact verticale est plus élevée que sur une pointe sphérique/conique. Ce profil plus effilé sur les bords offre un suivi plus précis des hautes fréquences (aigües). La surface totale de contact de la pointe de lecture avec le sillon est également plus importante ; cela permet de capter plus d’informations qu’un diamant sphérique et une plus grande précision dans la restitution des informations gravées. La pointe elliptique présente une réponse en fréquence plus étendue et un taux de distorsion plus faible. Mais cette finesse a un désavantage : une usure plus rapide. Pour obtenir de bons résultats, le diamant elliptique induit des réglages précis de force d’appui, d’alignement et d’angle.

Pointe Line Contact
ShibataLa pointe contact peut prendre différents noms selon les fabricants : Line Contact, Ortofon Fine Line, Shibata, Fritz Gyger. Cette pointe de lecture haut de gamme adopte un profil spécifique plus fin, dérivé du profil elliptique. Bien plus travaillé, ce profil offre une plus grande surface de contact avec le sillon. L’écoute révèle beaucoup plus de détails et de micro-informations. Les hautes fréquences (aigües) sont reproduites avec plus de finesse. La réponse en fréquence est plus étendue et le niveau de distorsion plus faible. Parallèlement, l’augmentation de la surface de contact de la pointe de lecture avec le sillon permet de réduire la force d’appui, donc l’usure du disque. Là aussi, cette finesse a un désavantage : une usure plus rapide. Comme tous les diamants haut de gamme, ils demandent des réglages très précis de force d’appui, d’alignement et d’angle ; ce sont aussi des diamants durables qui minimisent l’usure des disques.

Pointe Micro Line
Micro LineAppelée également pointe Micro Linear, Jilco SAS, Dynavector ou Namiki, c’est la taille de diamant la plus complexe, donc la plus chère mais aussi la plus performante. Elle imite la forme du burin qui sert à graver les disques maîtres. La pointe Micro Line offre la surface de contact globale la plus importante. Son profil spécifique lui confère une surface de contact horizontal très faible (r) et une surface de contact vertical plus étendue (R). La réponse en fréquence des cellules équipées de ces diamants est extrêmement étendue. Le niveau de détail et le sens de la nuance sont exacerbés, et le niveau de distorsion reste très faible. Ils donnent le meilleur résultat en termes de précision et de restitution dans le haut du spectre. Comme tous les diamants haut de gamme, ils demandent des réglages très précis de force d’appui, d’alignement et d’angle ; ce sont aussi des diamants durables qui minimisent l’usure des disques.

Burin de gravure
Lorsqu’un disque est masterisé (c’est-à-dire lorsque le disque master est créé sur un tour), le sillon est creusé par un burin qui a une forme spécifique. Les côtés du burin sont chauffés afin de lisser les parois et d’éviter que le sillon ne soit endommagé. La profondeur du sillon peut varier d’un minimum de 25 µm à un maximum de 127 µm, ce qui fait varier la largeur du sillon. Le résultat est un sillon dont la largeur et la profondeur varient en fonction des décisions prises par l’ingénieur de mastering et du déplacement dû à la modulation (la taille gauche/droite du “wiggle”) ; celle-ci dépend du niveau du signal audio reproduit. Idéalement, la pointe de lecture (le stylet) utilisée pour reproduire ce signal audio devrait avoir exactement la même forme que le burin de gravure ; cela signifierait que le sillon serait lu exactement de la même manière que lors de la gravure du master.

A gauche le schéma d’un sillon typique d’un disque 78 tours en gomme-laque. Les trois schémas de droite montrent les variations possibles de la profondeur d’un sillon pour un disque 33 1/3 tours.

Le rayon de la pointe de lecture

Pointe sphérique/conique
Son rayon (R) est exprimé en micromètres (ou micron) avec l’abréviation µm, ou en millième de pouce avec l’abréviation mil. (1 mil. = 0.001 pouce, soit 0,00254 mm ou 2,54 micromètres).

Pointe elliptique
Il convient de distinguer deux dimensions dans la mesure d’une pointe elliptique : le rayon de sa face avant (R) et le rayon latéral (r), exprimés en µm ou en mil.

Remarque : plus le diamètre latéral de la pointe est faible, plus le niveau de détail et la finesse dans les aigus sont importants. Selon les fabricants et les cellules, les dimensions des deux rayons peuvent varier.

Pointe contact
Comme pour les pointes elliptiques standards, la mesure des pointes contact fait appel à deux dimensions : le rayon de sa face avant (R) et le rayon latéral (r), exprimés en µm ou en mil.

Pointe Micro Line
Comme pour les pointes elliptiques standards et les pointes contact, la mesure des pointes Micro Line comprend le rayon de sa face avant (R) et le rayon latéral (r), exprimés en µm ou en mil.

L’assemblage de la pointe de lecture

La pointe de lecture d’une cellule phono sertie à l’extrémité du levier porte-pointe (ou cantilever) peut être réalisée de deux façons.

Pointe nue – “Nude Diamond”
La pointe nue est taillée intégralement dans un morceau de diamant. On parle alors de diamant intégral ou “Nude Diamond” en anglais. La fabrication d’une pointe nue est plus onéreuse que celle d’une pointe collée. Mais sa masse inférieure offre une bien meilleure précision dans le suivi du sillon, et ses oscillations sont transmises plus efficacement. Avec une pointe à diamant intégral, le son est plus riche et plus détaillé, les transitoires sont mieux respectées.

Pointe collée – “Bonded Shank”
La pointe collée, appelée “Bonded Shank” en anglais, est constituée d’un diamant brut collé à l’extrémité d’un tube métallique puis taillé à la forme voulue. Le tube métallique est ensuite collé dans un trou percé dans le cantilever. Cette conception est “économique” mais elle augmente généralement  la masse de l’équipage mobile. La lecture s’en trouve généralement affectée, notamment la reproduction des transitoires qui est moins vive.

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